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Village de l'ancien Laonnois, bâti au pied d'une colline isolée ayant la forme d'un pain de sucre, à 15 km à l’est de Laon, autrefois de l'intendance de Soissons, des bailliage, élection et diocèse de Laon, aujourd'hui du canton de Sissonne, arrondissement de Laon, diocèse de Soissons.
Patron : St Jean-Baptiste.
Culture en 1760 : 8 charrues ; 15 arpents de prés ; 200 arpents de bois ; 60 arpents de vigne.
Population : 1760, 450 h. (133 feux) ; 1800, 747 h. ; 1818, 808 h. ; 1836, 933 h. ; 1856, 970 h.

Il y a 7400 ans, à la limite des terroirs de Montaigu et de Mauregny en Haye, des chasseurs du Mésolithique installèrent leur campement en bordure du marais. Plus tard, à l'époque Néolithique (2000 à 4000 ans avant J.C.) un petit groupe d'individus se fixe à l'est du village. La présence d'une voie ancienne reliant Laon à Rethel par Sissonne, les centuriations encore visibles sur certaines cartes du terroir, la présence de tessons de poterie et de pièces de monnaie du IIIe et IVe siècle après J.C. révèlent l'existence d’une colonisation gallo-romaine.

Le village de Montaigu (Mons Acutus) s'est développé autour d'un château fort, construit en 946 par Thibaud le Tricheur, comte de Blois, sur un piton dominant la localité (butte du Moulin).

Ce château a probablement été construit en plusieurs étapes. Les vestiges d'aujourd'hui révèlent l'existence de deux enceintes en quelque sorte superposées, composées de grès et flanquées de place en place de demi-tours, ce qui rendait le château presque inexpugnable.

 

Forteresse très convoitée, elle fut attaquée de nombreuses fois. Conrad, à la tête d'une armée d'Allemands, s'en empara pour Louis d'Outremer, en 948. Hugues Capet le prit à son tour en 987 ; mais il fut repris deux ans après par Charles de Lorraine. Les habitants de ce village furent dotés par un de leurs seigneurs, vers 1175, d'une charte de commune calquée sur celle de Laon.

 

Ce château tomba, en 1372, au pouvoir des Anglais qui commencèrent sa ruine. Les Bourguignons s'en étant emparés en 1417, le fameux Lahire les en chassa l'année suivante, mais ils le reprirent trois ans après. Charles VII vint en faire lui-même le siège en 1441. La garnison réduite aux abois, prit enfin l'engagement de le rendre dans un délai dont elle profita pour raser le château de Montaigu jusqu'aux fondements. Pendant un demi-siècle, les habitants souffriront des guerres successives, les obligeant maintes fois à quitter le village.

 

Du Xè au VIIIè siècle, le domaine sera entre les mains de trois lignages dominants : les familles de Pierrepont, de Roucy et de Miremont.

En   1143,  un  chapitre canonial  est remplacé  par un prieuré donné à l’abbaye Saint Vincent de Laon. En 1175, le seigneur de l'époque octroie aux habitants une charte de commune copiée sur celle de Laon.

L'existence d'un  hôpital  (léproserie, maladrerie) apparaît dans les textes anciens dès le XIIè siècle. Il fut uni à l'Hôtel Dieu de Laon au XVIIè siècle (le lieu-dit "la Maladrerie" est probablement l’emplacement de cet hôpital).

Une maison seigneuriale fut construite au milieu du XVIIè au pied de la colline. C'est aujourd'hui un vaste château. Le moulin à vent en bois construit vers 1654 au sommet de la butte de l'ancien château fort fut brûlé par les Allemands le 11 octobre 1914.

Montaigu sera occupé pendant toute la durée de la Grande Guerre de 1914-1918 et est à ce titre titulaire de la Croix de Guerre.

Le 12 avril 1917, tous les habitants sont obligés, sous l'autorité  allemande,  de quitter le village.  Ils  ne pourront revenir chez eux qu'après   la  libération  du village le 13 octobre 1918.

La  guerre  de 1939-1945 sera une nouvelle épreuve pour les habitants qui seront obligés de fuir dès le 16 mai 1940 sur  les  routes  de l'exode. La plupart rentreront chez eux après l'armistice dans un village situé en en zone interdite.

Les textes  mentionnent  la construction d'une école en 1839.

En 1843, l'école des filles est confiée à des religieuses et sera laïcisée en 1903.

Trois cendrières (lignite) furent exploitées à partir de 1797 jusqu'au début du XXè siècle L'une d'elles sous la butte féodale fut le lieu d'un tragique accident, 3 morts par noyade le 11 novembre 1839.

L’inscription la plus ancienne sur une maison est « La maison du Point du Jour » bâtie en 1841 

Le saviez-vous ? C'est en 1886 que Modeste GOULET, ouvrier de culture, commis   d'épicerie   puis   propriétaire   d'un   magasin d'alimentation, décida d'installer sa première succursale à GOULET-TURPIN en achetant une maison à Montaigu, place à de la Halle, à côté de l'Hôtel du Cheval Blanc, aujourd'hui disparu... Cette maison existe toujours et d'après certains témoignages, ce commerce aurait fonctionné jusqu'aux environs des années 1955

SEIGNEURS DE MONTAIGU

946 Thibaut le Tricheur, comte de Blois.
948 Rainold, comte de Reims, seigneur de Roucy et Montaigu.1050 Maingaud de Montaigu.
1080 Robert 1er, seigneur  dud. ; enfants : Guillaume, robert, moine de St-Thomas ; Blihart, Etienne, Henri, Hugues.
1081 Guillaume. Enfans : Hellin ? Ermengarde.
1101 Robert ou Roger de Pierrepont, seign. dud;, par son mariage avec la même. Enfans : Hugues : seigneur de Pierrepont; Guillaume, mort jeune, Gautier dit sans terre ; Guy, évêque de Chalons en 1143 ; Aélide.
1128 Robert III, seigneur dud. ; femmes : 1ère Marguerite de Roucy ; 2ème Elizabeth de Mareuil ; enfans : Gautier, Guy ou Guyard, clerc ; Arnoul dit Payen .
1156 Gautier ou Vautier, seigneur dud. ; femme , Marguerite.
1178 Guillaume II, seigneur dud. ?
1180 Robert IV, seigneur de Pierrepont et Montaigu ; femme, Eustachie de Roucy. Le domaine de Montaigu entra ensuite dans les mains des comtes de Roucy, qui le gardèrent jusqu'au commencement du 16ème siècle ; puis il passa aux suivans :
1525 Robert de Lamarck, seigneur de Fleurange, et de Montaigu par son mariage avec Guillemette de Sarbruck, soeur d'Amédée de Sarbruck, comte de Roucy et de Braine.
1555 Guillemette de Lamarck, dame de Montaigu, après la mort de son mari ci-dessus.
1603 Jacques de Harlay, chevalier Seigneur de Chanvallon, et de Montaigu par sa femme Catherine de Lamarck.
1615 Achille de Harlay, chevalier Seigneur de Breval et Montaigu, gentilhomme de la chambre, procureur général au parlement de Paris.
Ce dernier paraît avoir vendu la terre de Montaigu à David de Miremont, seigneur de Berrieux, dont l'un des descendants le donna à son puîné ; mais elle ne tarda pas à rentrer dans les mains des seigneurs de Berrieux qui la possédaient encore au moment de la révolution.
1702 Charles-François de Miremont, capitaine dans le Languedoc ; puîné d'Alphonse de Miremont, seigneur de Berrieux, devint seigneur de St-Etienne et baron de Montaigu ; femme, Marie-Louise-Charlotte de Goujon, sa cousine.
1741 Alphonse-Marie de Miremont, leur fils, seigneur de St-Etienne, baron de Montaigu, mort sans postérité en 1744.

Source : Dictionnaire Historique Généalogique et Géographique du département de l'Aisne par MELLEVILLE (1857)

QUELQUES-HOMMES CELEBRES :

Gérard DE MONTAIGU, Chanoine de Laon, Paris et Reims, Avocat général du Roi au parlement, mort en 1339

Guy DE MONTAIGU, évêque de Châlons sur Marne, mort en 1148

Jean des Marquais, secrétaire de l’assemblée de Livourne en 1408, savant en droit canon

Foulques DE MONTAIGU, Abbé de St Médard mort en 1447